[PARTAGE DE SAVOIRS] 🍎 Annuaire des bibliothèques, infokiosques et archives des luttes sociales 📚: littérature féministe, antiraciste, anticapitaliste pour tou.s.te.s 🐍⚡

Cette semaine, on a décidé de parler des bibliothèques autogérées dans lesquelles tu peux te rendre pour consulter ou emprunter des livres/brochures ou des supports multimédias que tu ne trouveras pas dans les bibliothèques municipales, et que tu ne peux sûrement pas t’offrir car tu es pauvre 😮😢 et dépourvu.e des pépètes nécessaires à l’achat du moindre livre 🥀💔 .

Il y a des gens (beaucoup) qui n’aiment pas trop lire et compte-tenu de cette information, sache que la plupart des bibliothèques féministes, anarchistes, anticapitalistes, anti-racistes, anti-autoritaires que l’on va mentionner dans cet article sont des lieux vivants où tu peux aller rencontrer les gens qui t’attendent impatiemment dans le cadre de permanences 🍩☕, soirées jeux de société, ateliers d’écriture, discussions, et cetera. Une occasion comme une autre de confronter tes idées et d’entendre parler d’auteur.e.s plus subversif.ve.s que ceux dont te parlait tan prof de français au collège. 🏹 (ou d’emprunter un film si vraiment les bouquins, t’aime pas ça !!)

Si tu connais une bibliothèque ou un infokiosque non-marchand qui n’est pas référencé.e ici, merci de nous le faire savoir pour qu’on l’ajoute 💋

Avertissement : Tous ces lieux sont issus des luttes sociales, fonctionnent un maximum hors des logiques de profit et se consacrent à partager un savoir non-marchand, subversif et contre les différentes formes d’oppressions. Certains d’entre eux sont peut-être animés 🙈 par un léger 🙉 esprit de chapelle* 🐵 voire des analyses qui nous semblent malheureuses… alors vas-y, mais sans oublier ton esprit critique  🌼

📢  En fin d’article, on parle aussi des bibliothèques en ligne, avec bouquins, archives et brochures téléchargeables gratuitement.

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[critique de livre]📚Le best-seller de Juan Branco, un opuscule problématique📚

On a lu le bouquin de Juan Branco qui fait tant parler. C’est avec un vocabulaire d’extrême droite, une rhétorique du sous-entendu et des concepts bien foireux (l’oligarchie et ses « êtres ») que Crépuscule prétend nous dévoiler la marche du monde. Sauf qu’on y découvre pas grand-chose à part les obsessions de son auteur.

Auteur·ices de l’article « Crépuscule ou l’erreur de la confusion. À propos de l’idole Branco », on nous a reproché de ne pas assez parler du contenu de son livre. C’est pourquoi nous en publions aujourd’hui une recension.

Plus profondément, cet article, comme le précédent, répond à une inquiétude. Nous avons l’impression que nos camarades de lutte identifient de moins en moins bien les ressorts fascisants ou complotistes de certains discours. Il s’agit sans doute du reflet de notre défaite idéologique. Face à un air du temps de plus en plus confus, nous n’avons pas su transmettre des anticorps antifascistes ou imposer une voix claire anti-autoritaire. Si certain·es anti-autoritaires décident de s’en accommoder, les auteur·ices de ce texte estiment que la montée des idées confusionnistes est un luxe que nous ne pouvons collectivement pas nous permettre. Nous serions heureu·ses de pouvoir passer du temps à lire et à écrire sur d’autres sujets, mais, tant que des discours de ce type pourront pénétrer dans nos espaces politiques, nous seront contraint·es de passer de l’énergie à y répondre. Ce décryptage du bouquin de Branco est donc destiné à nos camarades, et son message peut se résumer à « faites attention à ce que vous lisez ou diffusez ».

Cette lecture se base sur le pdf disponible en ligne. D’une part, pour ne pas donner d’argent à monsieur Branco ni à son éditeur. D’autre part, parce que l’auteur revendique des « centaines de milliers de téléchargements » et qu’on peut donc légitimement penser que c‘est cette version qui a été la plus lue.

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Idée lecture : Chambre 2, de Julie Bonnie. La condition féminine à travers le corps et le travail des femmes…

Un bouquin qui pourrait s’appeler L’usine à faire accoucher les femmes, mais pour lequel l’auteure a choisi un titre plus soft, Chambre 2.

C’est l’histoire d’une femme qui a vécu de manière plutôt libre et nomade, avec quelqu’un qu’elle aimait, au sein d’une troupe hétéroclite de musiciens et de danseurs. Avec le déclin des cabarets, elle doit changer de mode de vie et se retrouve du jour au lendemain à devoir travailler dans une maternité en tant qu’auxiliaire de puériculture, dans des conditions qu’elle ne supporte pas, qui sont une véritable torture pour celles dont c’est le job comme pour celles qui accouchent. Tout le mérite de ce livre, c’est qu’il conjugue la vision d’une femme sur sa propre condition d’exploitée au sein de l’institution hospitalière, avec un discours sur la violence faite aux femmes et à leurs corps. Dominée hiérarchiquement, physiquement fatiguée, stressée et rejetée au travail, le double regard qu’elle porte sur les choses permet d’aborder des problématiques qui ne sont pas si courantes que ça, alors qu’elles concernent tout le monde.

Pour celleux qui sont phobiques de l’hôpital, pas d’inquiétude : nous sont passés les détails les plus cliniques, et la trame de fond du bouquin, c’est la vie de la nana quand elle se mettait bien.

En complément de ce livre, il peut être intéressant de lire la brochure Accouchement et patriarcat médical : Épisiotomie. (en libre téléchargement ici, ou à lire sur Infokiosques.net) ; ou encore Sororité, la solidarité politique entre les femmes, de Bell Hooks (téléchargeable ici ou à lire directement sur Infokiosques.net).

Enjoy !

 

Ivry-sur-Seine (94) : Jargan, nouvelle bibliothèque autogérée

À toutes les amoureuses et amoureux de la lecture, nous avons le plaisir de vous annoncer la création d’une bibliothèque autogérée au CSA Vaydom à Ivry-sur-Seine : Jargan !

Le Centre Social Autogéré Vaydom permet à des personnes et à des familles précarisées d’avoir un toit et de vivre décemment. C’est aussi un espace politique et anti-autoritaire de rencontres, d’activités et d’événements : projections de films, débats, cours de sport et de langues, infokiosque, ateliers théâtre, cantine populaire…

À l’image du CSA, Jargan est ouverte à tou·tes. Tou·tes les membres sont sur un pied d’égalité, et vous êtes tou·tes les bienvenu·es pour faire vivre ce lieu, participer aux événements, lire sur place ou emprunter des ouvrages gratuitement, dans le cadre des horaires d’ouverture au public du Vaydom.

Si vous avez des livres à donner, ou si vous souhaitez apporter votre aide de manière ponctuelle ou régulière (par exemple pour l’accueil des lecteurs et lectrices, l’organisation d’événements, le classement des livres ou la fabrication d’étagères), n’hésitez pas à contacter Jargan ou à lui rendre visite directement.

La curiosité de Jargan est infinie. Elle s’intéresse à tous les types d’ouvrages (tant qu’ils sont compatibles avec les valeurs du Vaydom), dans toutes les langues : bandes dessinées, romans, essais politiques et sociologiques, revues militantes, livres d’histoire, d’art, d’anthropologie, de philosophie, de sciences…

Parce qu’elle pense que la lecture est une invitation à sortir de soi pour aller vers l’autre, Jargan souhaite devenir un lieu de rencontres et de partage, et recherche tout particulièrement des livres qui éveillent les consciences, qui développent l’esprit de résistance à la domination et qui donnent les outils pour construire un monde plus juste, égalitaire, solidaire, antiraciste, féministe, écologique et respectueux des droits de toutes les minorités.

Une permanence aura lieu chaque dimanche entre 16 h et 20 h, avec un espace informel de discussions improvisées et un espace dédié aux événements littéraires et politiques organisés par Jargan : présentation d’ouvrages ou de revues, lectures publiques suivies de débats, ateliers contes pour les enfants… Jargan est ouverte à toutes vos suggestions pour étoffer son programme. On pourra ensuite prolonger la soirée avec un délicieux repas à la cantine populaire (autogérée et à prix libre).

Le lancement de Jargan est prévu le dimanche 17 décembre entre 16 h et 20 h, avec la présentation de Panthère Première. C’est une revue de critique sociale animée par un collectif non-mixte, dans un esprit féministe. Nous découvrirons dimanche son premier numéro, autour du dossier « Quiproclash ! Mordre et se faire mordre la langue » Au programme, la lecture de textes de cette revue ainsi que d’autres que nous pourrons choisir ensemble.

Vous pouvez contacter Jargan à l’adresse suivante : jargan@@@riseup.net

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Vaydom, nous vous invitons à lire les articles du site Paris-luttes-info : « Le Vaydom, nouveau centre social autogéré à Ivry », « Portes ouvertes et cantine populaire au Centre social autogéré d’Ivry ».

Centre Social Autogéré Vaydom
37 rue Marceau
Ivry-sur-Seine (94)
Métro 7 Pierre et Marie Curie, Tram 3 Maryse Bastié

Info lue sur Infokiosques.net

Le Grand Soir, une mystification réactionnaire à l’origine d’un mythe révolutionnaire

On connaît bien l’expression de Grand soir. Mais sait-on que c’est sous la plume d’un journaliste réactionnaire que ce terme émerge en 1882 lors du procès de jeunes mineurs anarchistes en Saône-et-Loire ?

C’est en 1882 que l’expression Grand soir émerge dans le sens qu’on lui connaît depuis : celui du grand chambardement révolutionnaire qui fera table rase de l’ordre ancien. Plus précisément, en octobre 1882, sous la plume du chroniqueur judiciaire du Figaro Albert Bataille lors du premier procès de La Bande noire en Saône-et-Loire. La Bande noire, c’est sous cette appellation que de jeunes mineurs révoltés du bassin minier de Montceau-les-Mines revendiqueront leurs actions (incendie de chapelle, dynamitages de croix et domiciles de petits chefs…) de 1882 à 1885. J’ai retracé leur histoire dans un livre paru récemment (La Bande noire, éditions de l’Échappée). Dans une lettre à l’un des accusés du procès, le leader socialiste local de l’époque Jean Baptiste Dumay parle de « grand jour » qui « s’approche ». C’est sur la base de cette lettre que l’expression Grand soir va remplacer celle de « grand jour ». Comment ? C’est ce que je raconte dans l’article Le Grand soir mis à jour.

Yves Meunier
, auteur de La Bande noire, propagande par le fait dans le bassin minier 1878/1885, Editions de l’Échappée.

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Histoires d’anarchie…

Si vous avez un peu plus de 2 heures à perdre, Arte et Tancrède Ramonet ont produit un documentaire proposant une histoire de l’anarchie. De bien belles images dans un montage et un format ultra-classique (pas original du tout, et ne nécessitant surement pas les subventions reçues pour…), et quelques lacunes historiques. A titre d’exemple et pour ce qu’on a pu relever :

  • démarrer l’histoire de l’anarchisme avec Proudhon est tout de même très problématique dans la mesure où le bonhomme a multiplié les positions réactionnaires et essentialistes qui en font l’un des acteurs de la genèse du fascisme… A titre d’exemple on aurait (mieux fait de) tout aussi bien pu parler de Joseph Déjacques, inventeur du mot libertaire (utilisé à tire larigot dans le docu…) et critique contemporain de Proudhon…
  • pour rester encore avec Proudhon, le terme de grève générale est associé un peu vite à la pensée anarchiste, dans la mesure où il a été façonné par Georges Sorel, introducteur du marxisme en France, avant d’être…membre du cercle Proudhon, cercle antisémite datant de 1911 et regroupant des militants de l’action française et des « socialistes » et »anarchistes »…
  • Gabriel Prinzip n’était clairement pas anarchiste, c’était un nationaliste yougoslave…
  • l’incendie du Reichstag n’est pas le fait d’un anarchiste…Un communiste conseilliste Marinus van der Lubbe, en fut accusé par les stals et les nazis, mais rien n’assure qu’il n’était pas un bouc émissaire manipulé par les nazis pour établir la dictature. Néanmoins conseilliste et anarchiste organisèrent des comités de soutien.
  • la répression de la Commune et l’instauration des lois scélérates n’ont pas poussé les anarchistes vers la violence, comme le dit l’un des interviewés. La Commune était déjà une insurrection violente…
  • les anarchistes individualistes n’apparaissent pas avec Libertad et les bandits tragiques, ça faisait un bail que des anars lisaient Stirner…

Sinon vous pouvez en apprendre tout autant en lisant ce texte paru sur le site sous les pavés la plage

ANARCHISTES : UNE HISTOIRE COURTE MAIS PASSIONNÉE

https://youtu.be/YyleVzZpIGU

 

 

BOUQUINS #9 [Le propre et le sale / Debout-Payé / Chantier interdit au public]

Ce soir, trois idées de lectures :

Le propre et le sale, de Vigarello, est un livre d’histoire qui détaille les coutumes en terme d’hygiène de nos prédécesseurs. On y apprend notamment que les gens se nettoyaient en mettant des vêtements propres à une époque, parce qu’ils se méfiaient de l’eau, et qu’à certaines périodes du Moyen-âge, ils préféraient les étuves non-mixtes où batifoler. De quoi bousculer les représentations figées qu’on se fait du passé, et de nos corps.

 

 

Le roman de Gauz, Debout-Payé, est une sorte de chronique de la vie de vigiles et de leurs souvenirs à Paris. Les rencontres qu’ils font, ce qu’ils observent, leurs élucubrations (parfois complètement saugrenues ou carrément limites) pendant qu’ils surveillent un bâtiment vide ou l’entrée d’un magasin.

 

 

Et enfin, une BD (Chantier interdit au public, de Claire Braud), basée sur une enquête sociologique, dans laquelle tu suis la galère des intérimaires du bâtiment, pour beaucoup sans-papiers, et catégorisés par nationalité ou selon des préjugés racistes par les employeurs.

Bouquins #8

JMR a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans pour sa participation à Action Directe. Ce livre reprend 3 années de chroniques écrites en prisons et parues dans CQFD. On y découvre autant les préoccupations et ambiance quotidiennes, que des critiques et descriptions acérées du système carcéral. Au fil de la lecture on assiste à la militarisation de la prison au grand dam des luttes de prisonniers passées…

Synthèse collective de la critique contre le travail. Texte agréable à lire et bien référencé, on déplorera juste qu’une telle critique de la marchandise ne s’accompagne de la mise à disposition gratuite du texte, au moins en ligne…

Critique anarcho-individualiste du comité invisible et de la Fabrique.

 

 

 

Des armes contre Soral, histoire, analyse, le tout d’un point de vue critique et antifasciste.

Contrairement au film et surtout la série , le livre Gomorra ne participe pas à l’élaboration d’une figure romantique et sexy des mafieux et de la mafia. Au contraire, il insiste bien plus sur leurs dimensions nécessaire au maintien de l’exploitation capitaliste, et montre comment l’économie mafieuse et un pilier central de ce système. L’auteur a finalement cédé les droits de son livre au cinéma et à la télé, produisant exactement l’effet qu’il critique à longueur de pages, faire du mafioso et des baby boss une figure romantique…

Une légère synthèse historique sur l’instrumentalisation du féminisme par la bourgeoisie à des fins capitalistes et racistes.

Fiction américaine basé sur une enquête journalistique réalisée par l’auteur dans le milieu de l’héroïne new-yorkais.

 

 

 

 

Une petite histoire de l’autocollant politique.

 

 

 

plus de livres ICI

Bouquins #7

Norman Cohn retrace ici l’histoire du faux politique « les protocoles des sages de Sion », et dessine les raisons historiques, psychologiques, et social qui permettent à l’antisémitisme de subsister malgré des fondements proprement délirant.

Récit autobiographique du bandit révolutionnaire, son enfance, sa relation avec Mesrine, son engagement auprès du FLN…Il parle de lui et de ses camarades, il s’explique et explique son parcours à travers les luttes, et pourquoi il n’a jamais abandonné !