Manifestation devant la tour Bolloré contre l’accaparement de terres en Asie et en Afrique

Plusieurs dizaines de militants ont perturbé vendredi l’assemblée générale du groupe Bolloré, à Puteaux, près de Paris. Il souhaitaient dénoncer l’accaparement de terres en Afrique et en Asie par la Socfin, une holding dont le groupe est actionnaire.

Objectif : profiter d’une assemblée générale pour faire entendre leur cause. Plusieurs dizaines de militants dénonçant l’accaparement de terres en Afrique et en Asie par une holding dont Bolloré est actionnaire ont perturbé vendredi 3 juin les arrivées à l’assemblée générale du groupe, à Puteaux, près de Paris.

« Bolloré voleur, actionnaires complices », ont scandé depuis avant 8H00 les manifestants, une centaine selon la police – militants de diverses ONG ou de la Confédération paysanne – alors qu’arrivaient, à pied ou en navette électrique, des dizaines d’actionnaires du groupe.

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« Elle » fait bander les critiques ; il est à gerber

« Elle » de Paul Verhoeven, sorti à Cannes et sur nos écrans cette semaine, explose les scores du box-office, bénéficie d’un plan com’ bien rôdé et d’une déferlante de critiques dithyrambiques. Le secret du succès ? Surfer sur la vague malheureusement bien connue de la culture du viol.

Il est génial ce film, il permet aux journalistes pourfendeurs de la bien-pensance de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : les femmes, au fond, elles aiment quand on les force. Ça les fait mouiller, ça les fait jouir, voire même, il n’y a que ça qui les excite : quand les hommes les frappent, les mettent à terre, les empêchent de se débattre, les insultent et jouissent en 3 secondes avant de repartir vaquer à leurs occupations. Ça, c’est le fantasme des femmes. Et heureusement que quelques cinéastes courageux et révolutionnaires osent le montrer. Y’en a marre de cette dictature du consentement et du plaisir féminin, franchement !

Breaking news : dans une société patriarcale où la plupart des discours sont produits et relayés par les hommes, même les femmes ont fini par croire qu’elles fantasmaient sur les violences dont elles sont victimes. Le patriarcat reste un système malin, sournois, et encore très performant en 2016, qui permet à la misogynie la plus crasse d’être intériorisée par les femmes. Mais malgré ce qu’ils essaient de nous faire croire, le viol est d’abord le fantasme de ces hommes qui écrivent et qui filment.

Alors « Elle », film « jouissif », « subversif », « jubilatoire » ? « Thriller érotique » (20minutes.fr) à propos d’une « violente agression » (joli euphémisme de L’Express) ? Plutôt une apologie du viol comme on en a rarement vue, en mode « voilà ce qu’attendent toutes les quinquas sexy dans leurs maisons bourgeoises ». Non seulement elle aime ça, mais elle en redemande, elle entre dans une relation presque affective (carrément !) avec son violeur qui est un chic type « à l’âme torturée » et dont l’épouse remerciera l’héroïne de lui avoir donné ce dont il avait besoin ! [Attention, on vous spoile et on s’en cogne]

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Coups de pieds dans l’euro!

L’Euro 2016 a lieu en France entre le 10 juin et le 10 juillet. Étant donnée la situation sociale dans ce pays, nous qui sommes en lutte contre la loi Travail et son monde, nous appelons à le perturber.
Pourtant, nous aussi, nous aimons le foot. Mais nous considérons le foot comme un jeu, pas comme un business, pas comme une marchandise. Et vu le fric et la communication politique qu’il y a autour de ce type de grands événements sportifs, nous n’avons pas de scrupules à imaginer que l’Euro 2016 puisse être dérangé quelque peu.

Par des moyens d’exploitation salariale toujours plus grands, la loi Travail et son monde jouent avec nos vies. L’enjeu nous semble donc bien plus important que celui d’une cinquantaine de matches de foot.

Pour autant, nous n’avons rien contre les footballeurs, ni contre les supporters.

Nous en avons contre le monde de l’Euro 2016, ses structures et ses sponsors :
UEFA / FFF / Abritel / Adidas / Coca-Cola / Crédit Agricole / Continental / FDJ / Hisense / Hyundai-Kia / Mc Donald’s / Orange / La Poste / Proman / Socar / SNCF / Tourtel / Turkish Airlines / etc.

Et l’état d’urgence, les 42 000 policiers, 30 000 gendarmes, 13 000 vigiles de sociétés privées, les 200 policiers étrangers, les militaires et le RAID pour maintenir l’ordre dans les stades et les fan-zones ? Même pas peur ! Et les drones, les caméras de vidéosurveillance et autres dispositifs technologiques de contrôle ? Même pas peur ! Et Daesh, le spectre censé justifier tout ça ? Même pas peur !

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Liberté pour les inculpés du 18 mai et pour tou.te.s les autres !

 

« Nous sommes des manifestant.e.s contre la loi Travail. […] Nous écrivons ce texte en défense des personnes interpellées suite au feu de joie du mercredi 18 mai, dans lequel une voiture de police a disparu. […] Si nous écrivons ce texte, ce n’est pas pour nous adresser aux juges de ce pays mais à vous que nous croisons tous les jours un peu partout. Méfiez-vous du prétendu bon sens des flics, des ministres et des médias. »
Ce texte est une tribune libre en soutien aux inculpés du 18 mai. Il est la propriété de celles et ceux qui s’y reconnaissent.

Liberté pour les inculpées du 18 mai et tou.te.s les autres !

Nous sommes des manifestant.e.s contre la loi Travail. Nous sommes des syndicalistes. Nous sommes des profs, des intérimaires, des précaires, des chômeuses, des étudiants… Nous nous sommes croisé-e-s au boulot, en réunion de collectifs variés, en terrasse d’un bar, en manif. Nous sommes celles et ceux qui ont crié des slogans et tenu des banderoles à vos côtés. Nous sommes aussi celles et ceux que vous croisez parfois en train de distribuer des tracts ou de partager du sérum phy quand « ça pète ». Il arrive que vous ne nous reconnaissiez pas quand nous protégeons nos visages et nos corps des caméras indiscrètes et surtout des armes de la police. Dans ces moments-là, une minorité d’entre nous lance des projectiles variés sur la police, brise des vitrines de banque ou redécore les murs trop gris de nos villes. Ce n’est pas notre activité principale, vous le savez bien, et nous ne voulons pas y être réduit.e.s. Nous considérons que ce n’est pas à l’État de décider pour nous de nos méthodes de lutte et nous faisons simplement en sorte de pouvoir continuer à agir comme nous l’entendons et de la façon qui nous paraît la plus juste. D’autres ont des avis divergents de nous et nous pouvons critiquer leurs actions mais dans le feu des évènements, notre priorité est surtout de freiner, voire même d’empêcher le sale boulot de l’État et de sa police. Parce que notre ennemi principal ne sera jamais un manifestant avec une stratégie différente de la nôtre mais bien les institutions qui nous exploitent et qui prétendent régir nos vies.

Nous écrivons ce texte en défense des personnes interpellées suite au feu de joie du mercredi 18 mai, dans lequel une voiture de police a disparu. Nos avis divergent sur la portée stratégique de cet acte dans le contexte actuel et recoupent probablement les vôtres. Dans tous les cas, même celles et ceux d’entre nous qui ont des critiques à faire n’iront jamais pour autant pleurer pour de la tôle cramée, et encore moins si cette tôle appartient à la flicaille. Ce qui nous intéresse bien plus, ce sont toutes ces vies que la police et son corollaire judiciaire détruisent. Les yeux crevés par les flashballs, les traumatismes physiques et psychiques des grenades de désencerclement et des coups de tonfa et les milliers d’heures de privation de liberté, que ce soit par des interdictions de manifester, en garde-à-vue, en détention provisoire ou en prison. Et, en l’occurrence, nous nous sentons beaucoup plus concerné.e.s par les cinq personnes qui risquent de perdre leurs plus belles années en taule que par une voiture en feu.

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Violence et démocratie : entretien avec un groupe de « casseurs »

 

Après deux mois et demi de manifestations contre la loi Travail, la figure du « casseur » obsède tous les médias. Nous avons rencontré certains de ces dangereux militants à la réputation sulfureuse. Ils nous ont exposé ce qu’ils pensaient de la violence, en particulier celle de l’État.

« On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent,
mais on ne dit jamais rien de la violence
des rives qui l’enserrent. »

Bertolt Brecht [1]

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