Aujourd’hui, il est temps d’évoquer deux auteures qui abordent l’écriture un peu de la même manière. Rien de fondamentalement révolutionnaire, mais de bons romans qui font supporter la grisaille et nous en apprennent toujours un peu plus sur les temps passés.
Prodigieuses créatures est un roman parmi les livres de Tracy Chevalier qui ont tous, malgré leur facture très romantico-classique, l’intérêt d’aborder des questions sociales et féministes à travers la vie de femmes, de fiction ou non. Ici, l’histoire vraie de Mary Anning, une femme appartenant aux classes populaires qui a fait d’importantes découvertes en paléontologie et dont le parcours a été semé d’embuches par ses homologues masculins. Dans chacun de ses livres, quelle que soit l’époque, on suit donc, au milieu d’une reconstitution historique crédible, des femmes dont la situation particulière est toujours abordée d’un point de vue féministe, alors même que ça n’est pas revendiqué par l’auteure.


Dans la section « terroir » des librairies ou des bibliothèques, on trouve des romans comme ceux de Colette Vlérick qui relèvent bien plus du roman social et historique que du pâté et du vin… La fille du goémonier en est un bon exemple : c’est une fiction, bien documentée historiquement, qui raconte la vie d’une jeune bretonne au XIX° siècle, filles de gens de la côte qui peinent à ramasser des algues tous les jours pour vivre. C’est la galère quotidienne de gens pauvres d’il n’y a pas si longtemps. Son bouquin a aussi a le mérite d’aborder la question des douloureux rapports entre classes sociales, et de montrer l’emprise de l’église et de l’état sur la vie des gens que le roman historique dédaigne en général.
Bonne lecture!

Après la pause estivale, l’université Paris 7 reste mobilisée contre la loi travail et son monde !

En suivant la vie de Rirette Maîtrejean (directrice du journal l’anarchie), Anne Steiner nous donne un aperçu des luttes des anarchistes autour de 1910. Refus du travail, vie communautaire, lignes de fracture entre hygiénistes végétaliens, illégalistes, théoriciens, pacifistes, partisans de la reprise individuelle…Bref toutes les problèmatiques du mouvement anarchiste encore naissant à l’époque, mais que l’on retrouve aujourd’hui.
La biographie de Jeanne Humbert, anarchiste neomalthusienne, permettant de revisiter de son point de vue le paysage politique de la fin du XIXème à la fin du XXème siècle concernant la natalité, la contraception, le droit des femmes, le pacifisme, et les conditions de détentions. Des neomalthusiens anarchistes à la récupération de leurs idées par le Planning familial, en passant par les multiples retournements de veste du PC, c’est l’histoire des luttes pour disposer soi-même de son corps.



Samedi 16 Juillet, on reprend la forêt !