[FESTIVAL] 📜 🍻 8 événements féministes / anticapitalistes / antiracistes / écolos en septembre 2019 🍁 🍂

Il y a tellement de fêtes, festivals, soirées, rencontres – contre toutes les formes d’oppressions – de prévu.e.s pour ce mois de septembre 2019 qu’on vous en propose une petite sélecta hétéroclite. La plupart de ces événements dure plusieurs jours donc impossible de les louper 🤷

  • 6 – 9 SEPTEMBRE : 🌬️ / 5ÈME EDITION DE LA FÊTE DU VENT / 🌲AMASSADA (lieu occupé à Saint Victor, proche Albi/Montpellier) / Contre l’écologie industrielle /

Des balades et des discussions avec des gens savant.e.s 🙃 dans  un  cadre  sauvage  et  illégal  

Plus d’infos sur https://douze.noblogs.org/

  • 10 – 17 SEPTEMBRE : 🚔 / SEMAINE CONTRE LA RÉPRESSION / GRENOBLE / 📢

Cette semaine est destinée à faire connaître le collectif et à récolter des fonds pour les Gilets Jaunes interpellés le 1er mai dernier à la suite de la manifestation syndicale. Ces derniers passent en procès ce lundi 16 septembre, à 13h30, au Tribunal de Grenoble, et un rassemblement de soutien est appelé.

mardi 10/09 à 20h au bar Antigone, discussion et projection du documentaire Gilets jaune une répression d’Etat

jeudi 12/09 sur le campus de Saint Martin d’Herès : repas, stands et concerts

samedi 14/09 au squat du 38 rue d’Alembert :

Plus d’infos sur https://cric-grenoble.info/

  • 12-14 SEPTEMBRE : 🗨️   / CYCLE DE DISCUSSIONS  « TISSER LES LIENS D’UNE POLITIQUE DES FEMMES » / RENNES 📚

Plus d’infos sur : https://maisondelagreve.boum.org/spip.php?article103&id_evenement=50

  • 14-28 SEPTEMBRE : 🐭 🎙️/ NOUVELLES RENCONTRES INTER-TERREAURISTES / ZAD DE NOTRE-DAME-DES-LANDES / 🌿🏗️

Programme détaillé à venir, en attendant, voilà l’affiche ⭐

 

  • 13-15 SEPTEMBRE :😾  / RENCONTRES FÉMINISTES RÂLACHATTE#2 / NOTRE-DAME-DE-LA-SALVAGE (MILLAU) / 🦑

Tout au long du festival // Infokiosque, Stand Prévention, Frip’Mobile, Expositions, Coiffure, Tattoos (Petite scarabée), Piercing, Libre Expression, QueerDating, Caravane Librairie&Café «La Colporteuse», Criée, création collective avec Ariane Sirota, Espace D’écoute Sonore. Au programme : discussions, concerts, ateliers… 🔽🔽🔽

Plus d’infos sur la page de Râlachatte

  • 21 SEPTEMBRE :  🦉 / SOIRÉE POST APOCALYPTIQUE EN SOUTIEN AU SITE REBELLYON / LYON / 🎶 💫

Plus d’infos sur le site pour lequel la soirée est organisée !

  • 21-22 SEPTEMBRE : ⛏️ / WEEKEND FÉMINISTE ET ANTINUCLÉAIRE / SURPRISE PARTIE ET ÉVÉNEMENTS RADIEUX / BURE / 💚

Toutes les infos sur le site de l’événement

  • 28-29 SEPTEMBRE / FÊTE ET MANIFESTATION CONTRE LA MEGA POUBELLE NUCLÉAIRE / VENT DE BURE / NANCY / ⏱️

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[Répression] 💰 Récit d’un contrôle Caf 🔐

Petit récit d’un contrôle caf à Nantes. Parce qu’ils nous fliquent et décident de ce que l’on doit faire de nos vies.

Sue le même thème : Quelques conseils face aux visites domiciliaires de la caf

En résumé, si vous utilisez tor pour votre déclaration trimestrielle ou que vous la faite depuis l’étrangers, vous risquez un contrôle caf. J’ai pris un peu de temps pour vous raconter le mien.

« Je suis bénéficiaire du rsa depuis pas mal d’années. Dernièrement, j’ai été convoqué à la caf de nantes pour un contrôle. apparemment, une contrôleuse de la caf m’a pris en chasse. C’est vraiment l’impression que j’ai eu, une impression de prédation. Les controleuses/eurs de la caf font la « chasse aux fraudeuses/eurs ». Leur metier me semble être de radier le plus de beneficiaires possibles. D’abords reperer une proie potentielle, ensuite l’acculer, et enfin chercher une bonne raison de lui enlever ses droits.

J’ai reçu un courrier qui m’indiquait le jour et l’heure de la convocation. Je n’étais pas disponible ce jour là. j’ai appelé plusieurs fois pour décaler le rdv. j’ai laissé un message et quelques jours après avoir raté le premier rdv, j’ai reçu par la poste une nouvelle convocation, une nouvelle fois un jour ou je n’étais pas dispo.

Je trouve important de signifier aux contrôleuses/eurs de la caf qu’on n’est pas à leur disposition et qu’il ne leur suffit pas de siffler pour nous voir accourir. J’ai donc rappelé et nous avons convenus d’un nouveau rdv. J’aime bien me dire que la contrôleuse n’a pas eu le temps de convoquer quelqu’un/e d’autre au moment ou j’ai reporté le rdv et que ça a fait baisser son nombre de rdv.

Bon, un moment, le jour du contrôle est quand même arrivé. la contrôleuse m’a averti que le contrôle avait lieu parce que j’ai validé ma déclaration trimestrielle en ligne avec une adresse ip localisée en Allemagne alors que je suis sensé résider en France. Je lui ai dit que j’utilise le proxy tor et que même si je paraissais être en Allemagne, j’étais pourtant en France.

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Hommage aux luddites

[…] Tout a commencé un certain 12 avril 1811. En pleine nuit, trois cent cinquante hommes, femmes et enfants s’abattirent sur une filature industrielle du Nottinghamshire, détruisant les grands métiers à tisser à coups de masse et mettant le feu aux installations. Cet événement deviendra rapidement du folklore populaire. La manufacture appartenait à William Cartwright, fabricant de fils de médiocre qualité mais tout équipé de machines flambant neuves. En elle-même, l’usine était, en ces années, une nouvelle espèce de champignon poussant dans le paysage ; habituellement, le travail s’accomplissait dans de modestes ateliers. Soixante-dix autres métiers à tisser industriels furent détruits cette même nuit dans d’autres bourgades des environs. L’incendie accompagné de son bouquet de masses se déplaça ensuite vers les comtés voisins de Derby, Lancashire et York, au cœur de cette Angleterre du début du XIXe, point de gravité de la révolution industrielle. La traînée de poudre partie du bourg d’Arnold s’étendit de manière incontrôlée à tout le centre de l’Angleterre durant deux années, poursuivie par une armée de dix mille soldats commandés par le général Thomas Maitland. Dix mille soldats ? Wellington en commandait bien moins lorsqu’il entra en campagne contre les armées napoléoniennes depuis le Portugal. Plus de soldats que contre la France ? Cela s’explique : la France de Napoléon représentait une proche menace mais le fantôme qui hantait la cour d’Angleterre, c’était les assemblées. Il ne s’était écoulé qu’un quart de siècle depuis l’an I de la Révolution. Dix mille soldats ! Ce nombre est la preuve de l’immense difficulté à en finir avec les luddites. Sans doute parce que les membres du mouvement se confondaient avec la communauté même. Et cela dans les deux sens du terme : tout en comptant sur l’aide de la population, ils étaient cette population. Maitland et ses soldats ont désespérément cherché Ned Ludd, leur chef. Sans jamais le trouver. D’ailleurs, ils n’auraient jamais pu le trouver, Ned Ludd n’a jamais existé : il ne fut qu’un nom inventé par les gens du cru pour désorienter Maitland. […]

L’intégralité du texte sur La voie du jaguar

Un compagnon en détention préventive à Fleury

image20 Le compagnon anarchiste arrêté mercredi 7 en Bretagne est passé le lendemain devant la 23ème chambre, au Palais de Justice de Paris. Il est accusé de dégradations sur un Pôle Emploi, sur une structure de la Chambre de Commerce et d’Industrie, sur un Franprix et sur un concessionnaire Jaguar, lors de la manif sauvage qui s’est déroulée le soir du 14 avril entre le 10ème et le 19éme arrondissements parisiens.

Les flics ont identifié le compagnon seulement au cours de l’été et ils ont eu du mal à le trouver, bien qu’il ne se cachait pas du tout. Un mandat d’arrêt délivré au mois d’août a nécessité une recherche sur le Fichier des comptes bancaires (Ficoba), qui liste tous les comptes bancaires ouverts en France (afin par exemple de localiser les derniers retraits), ainsi que des recherches sur le bornage de son téléphone.

Le compagnon a refusé d’être jugé en comparution immédiate et la Procureur a donc demandé, sous le prétexte de son casier judiciaire et d’une possible récidive, sa mise en détention préventive. Le juge a accepté cette demande et le compagnon est maintenant à Fleury.

Par ailleurs, ce tribunal a bien montré, si jamais c’était nécessaire, le visage de la Justice. Tous les prévenus étaient des pauvres, dont les débrouilles pour sortir de la misère et/ou les dépendances aux différentes substances étaient systématiquement considérées par la Proc’ et les juges comme des preuves à charge. Même les quelque tentatives de se mettre à plat ventre n’ont pas porté de la clémence.

Le compagnon avait la forme, a eu une attitude digne face à ces larbins du pouvoir et a fait savoir qu’il s’exprimera bientôt. Une petite perle du discours de la Proc’ à propos du compagnon : « Mr. se dit anarchiste, chacun a le droit d’avoir une opinion, les idées anarchistes sont ce qu’elles sont mais elles ne justifient en rien les faits qui lui sont reprochés ».

Le procès aura lieu le 19 janvier à 13h30, dans la chambre 23 du Palais de Justice de Paris.

On était nombreux dans les rues lors des manifs de ce printemps. Les bris de ces vitres (notamment ceux de Jaguar !) nous ont réjoui pendant plusieurs jours, comme un petit rayon de soleil dans cette grisaille.
Que chaque jour de détention de notre compagnon et de tout autre prisonnier apporte avec soi des actes de révolte contre ce monde.

La solidarité c’est l’attaque !

Quelques anarchistes.

[Repris d’Indy Nantes.]

 

Manifestants interpellés: enquête sur les faux témoignages de vrais policiers

Après les nombreuses manifestations contre la loi Travail qui se sont tenues dans toute la France entre mars et septembre dernier, les tribunaux ont été largement sollicités. Certains fonctionnaires de police ont dû faire face à des manifestants organisés et violents, parfois munis de cocktails Molotov. Dans la plupart des cas, les prévenus sont accusés d’avoir lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, de s’être rebellés lors de leur interpellation ou d’avoir commis un outrage.

Mais dans d’autres situations, des personnes interpellées lors de manifestations ont été accusées à tort de s’être rendues coupables de violences. BuzzFeed News s’est intéressé à une dizaine d’affaires dans lesquelles des vidéos révèlent que des policiers ont menti ou qu’ils ont en tout cas rédigé des PV qui ne correspondent pas à la réalité. Dans la majorité des cas, si le manifestant est relaxé, le fonctionnaire de police, lui, ne risque aucune sanction ni poursuite.

ARTICLE A LIRE EN INTÉGRALITÉ SUR BUZZFEED

Quelques mots à propos de la manif du 5 juillet contre la loi Travail et son monde

Manif-retour Place d’Italie —> Bastille après celle de la semaine dernière qui faisait Bastille —> Place d’Italie… On a toutes les raisons de continuer, c’était la 12e journée « intersyndicale » du mouvement depuis le 9 mars. À quand la 13e ?

Déjà les éternels chiffres : on était 45 000 selon la CGT, 7 500 selon les flics (toujours le mot pour rire, ceux-là).

Aujourd’hui encore, tout est fait pour nous dissuader de manifester : des flics partout, des contrôles partout, à la sortie des métros et à tous les accès de la place d’Italie. Des grilles bloquent les rues, des anti-émeutes sont disposés partout, toutes les stations de métro entre Place d’Italie et Bastille sont fermées, bref, c’est le même décor d’état de siège que la semaine dernière et que le 23 juin

la suite sur paris-luttes.info

Démocrature

cazeneuve+ canon à eau-copie

Les gens intelligents le disent et le font répéter par leurs mainates médiatiques : nous ne sommes pas en dictature, ici c’est l’État de droit et quiconque émet un doute sort du cadre démocratique et fait le jeu des terroristes. En face, donc, c’est le terrorisme et les casseurs. Et c’est un peu pareil, d’ailleurs,casseur, manifestant, terroriste, preneurs d’otages, on s’y perd : Gattaz, celui qui a gagné l’appel d’offre sur l’État, le dit sans détour : la grève, c’est la terreur, et les terroristes qui font perdre de l’argent aux groupes pétroliers ou qui perturbent le droit des affaires dans la rue, il faut les traiter comme ils le méritent. Dégagez-moi tout ça. C’est lui qui possède les droits sur l’État© et il entend bien les faire respecter. Il n’a pas trop de problème d’ailleurs, ses chargés d’affaire ont été bien formés et s’appliquent avec zèle à adapter son acquisition aux besoins de l’entreprise, ce qui doit être le seul objectif de l’équipe. Le contremaître Valls a confié à sa chef de produit El Khomri la rédaction d’un réglement intérieur que le responsable de la sécurité Gazeneuve se charge de faire appliquer et de faire rentrer dans les crânes, le tout sous la bienveillante supervision du gérant provisoire Hollande, qui est commis à la communication. Et comme ils ont la culture du résultat, les statistiques sont bonnes. Surtout celles du maintien de l’ordre des affaires : tout va très bien, de mieux en mieux, même. Les chiffres de la productivité sont démocratiquement communiqués avec une régularité admirable: au 15 mai, à Rennes, un des hauts lieux de l’expérimentation du maintien de l’ordre en mode militaire, le petit monsieur Gazeneuve annonçait, fier de lui, plus de 1300 interpellations, et les responsables ne manquent jamais de mettre en avant toutes les condamnations, depuis, les choses vont encore mieux, Vinci va peut-être même pouvoir ajouter une prison à son futur aéroport pour parquer tout le monde dans le bocage nantais. Peu importe les chefs d’accusation, peu importe l’identité des gueux qui ont été courtoisement pris en charge par CRS ou Gendarmes mobiles, que chacun doit féliciter et que personne ne déteste. Manuel Valls le dit et le répète : n’y a aucune consigne de retenue face aux « casseurs » : un « casseur », ça casse, ça n’a pas vraiment d’identité, encore moins d’idée. C’est un ennemi intérieur, un terroriste, son sort, c’est l’écrasement.

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Mémoire d’une hydre

hydreLes naïfs croient que les créatures magiques n’existent pas, mais je sais quelles puissances ont présidé à ma naissance et toutes sont réelles : crue, étoiles, force, colère, amitié, terre, mer et feu, et détermination. Je suis fille de la victoire qui engendre d’autres victoires. Je suis une hydre à mille têtes et mille fois plus de jambes, de bras, d’yeux.
J’ai mille têtes qui viennent de partout, dans toutes sortes de véhicules, que mon ennemi tente de bloquer. Mais il n’y parvient jamais, tant l’attraction est forte.
Les yeux de mon ennemi sont gros, uniques, noirs et globuleux, disséminés dans la ville. Je les lui crève à coups de manche ou de pavé, pour me rendre invisible. Les milliers de corps et de visages qui me composent se ressemblent tous, innombrables jumeaux, sosies démultipliés. Il sont jeunes et vieux, marchent et s’arrêtent et courent, portent des K-way, des chasubles, des vestes, des talons hauts et des baskets, des masques blancs, des sacs à dos, des sacs de pierre, des trousses de soin et des banderoles.
J’ai mille têtes que je ne surveille pas, mais qui prennent soin les unes des autres. Qu’on touche à un seul de mes corps, je prends la forme d’un groupe de dockers ou d’une horde d’amis et j’attaque à mains nues, à coups de casques, de barres de fer, je frappe, j’insulte, je repousse.

Lire la suite sur la page de Rouen dans la rue

Adresse aux flics

Pour ne plus voir un seul copain ni une seule copine rentrer avec des hématomes ou des fractures après une garde-à-vue,
Pour ne plus voir personne se faire molester, se faire enfoncer le crâne par vos matraques,
Pour ne plus voir personne vomir, suffoquer ou s’évanouir à cause de vos gaz de combat,
Pour ne plus vous laisser détruire nos vies et nous salir à coups de mensonges,
Pour que vous ne puissiez plus nous arrêter, nous menacer, nous coller en prison, nous blesser, nous humilier…

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Tout le monde déteste votre sale violence.

Sombres brutes. Vous et vos coups de matraques, vos tirs tendus à hauteurs de têtes, pour blesser, faire mal, arracher des yeux, provoquer des traumatismes crâniens, casser des os au nom de la démocratie…

Ce n’est pas du spectacle et nos manifs ne sont pas vos arènes.

« Un bon flic est un flic mort« . Ce slogan a pris sens dans nos têtes. Allez donc brûler, vous et vos supérieurs ! Et l’institution qui vous protège et vous couvre après vous avoir envoyé pour nous mater. Tous ces tocards en costume dans leurs tribunaux abjects, tous ces pitres qui se croient au théâtre, qui foutent nos potes en taule, qui nous remplissent de rage et d’angoisses.

A bas l’Etat, les flics, les patrons, et toutes celles et ceux qui les aident, en fermant leurs yeux, leurs oreilles et leurs gueules. Comme les trois petits singes.

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à lire sur PLI

Liberté pour les inculpés du 18 mai et pour tou.te.s les autres !

 

« Nous sommes des manifestant.e.s contre la loi Travail. […] Nous écrivons ce texte en défense des personnes interpellées suite au feu de joie du mercredi 18 mai, dans lequel une voiture de police a disparu. […] Si nous écrivons ce texte, ce n’est pas pour nous adresser aux juges de ce pays mais à vous que nous croisons tous les jours un peu partout. Méfiez-vous du prétendu bon sens des flics, des ministres et des médias. »
Ce texte est une tribune libre en soutien aux inculpés du 18 mai. Il est la propriété de celles et ceux qui s’y reconnaissent.

Liberté pour les inculpées du 18 mai et tou.te.s les autres !

Nous sommes des manifestant.e.s contre la loi Travail. Nous sommes des syndicalistes. Nous sommes des profs, des intérimaires, des précaires, des chômeuses, des étudiants… Nous nous sommes croisé-e-s au boulot, en réunion de collectifs variés, en terrasse d’un bar, en manif. Nous sommes celles et ceux qui ont crié des slogans et tenu des banderoles à vos côtés. Nous sommes aussi celles et ceux que vous croisez parfois en train de distribuer des tracts ou de partager du sérum phy quand « ça pète ». Il arrive que vous ne nous reconnaissiez pas quand nous protégeons nos visages et nos corps des caméras indiscrètes et surtout des armes de la police. Dans ces moments-là, une minorité d’entre nous lance des projectiles variés sur la police, brise des vitrines de banque ou redécore les murs trop gris de nos villes. Ce n’est pas notre activité principale, vous le savez bien, et nous ne voulons pas y être réduit.e.s. Nous considérons que ce n’est pas à l’État de décider pour nous de nos méthodes de lutte et nous faisons simplement en sorte de pouvoir continuer à agir comme nous l’entendons et de la façon qui nous paraît la plus juste. D’autres ont des avis divergents de nous et nous pouvons critiquer leurs actions mais dans le feu des évènements, notre priorité est surtout de freiner, voire même d’empêcher le sale boulot de l’État et de sa police. Parce que notre ennemi principal ne sera jamais un manifestant avec une stratégie différente de la nôtre mais bien les institutions qui nous exploitent et qui prétendent régir nos vies.

Nous écrivons ce texte en défense des personnes interpellées suite au feu de joie du mercredi 18 mai, dans lequel une voiture de police a disparu. Nos avis divergent sur la portée stratégique de cet acte dans le contexte actuel et recoupent probablement les vôtres. Dans tous les cas, même celles et ceux d’entre nous qui ont des critiques à faire n’iront jamais pour autant pleurer pour de la tôle cramée, et encore moins si cette tôle appartient à la flicaille. Ce qui nous intéresse bien plus, ce sont toutes ces vies que la police et son corollaire judiciaire détruisent. Les yeux crevés par les flashballs, les traumatismes physiques et psychiques des grenades de désencerclement et des coups de tonfa et les milliers d’heures de privation de liberté, que ce soit par des interdictions de manifester, en garde-à-vue, en détention provisoire ou en prison. Et, en l’occurrence, nous nous sentons beaucoup plus concerné.e.s par les cinq personnes qui risquent de perdre leurs plus belles années en taule que par une voiture en feu.

LA SUITE SUR PARIS LUTTES

Bilan de la répression de la manifestation du jeudi 26 mai par le groupe de défense collective (Defcol)

La manifestation du jeudi 26 mai a été particulièrement réprimée, tant par la violence de la police que par le nombre des interpellations. Le dispositif policier sur la place de la nation a été conçu comme une véritable souricière vers laquelle ont été conduits l’ensemble des manifestants. Les violences et les arrestations arbitraires s’y sont multipliées.

Concernant les violences, il y a eu, on le sait, un blessé grave.

Pour les arrestations, elles ont été, selon la préfecture, de plus d’une trentaine, ce qui en fait la manifestation qui a donné lieu au plus grand nombre d’interpellations à Paris depuis le début du mouvement contre la loi travail.

Sur cette trentaine d’arrestations, le groupe de Défense collective a été contacté pour une vingtaine de cas. Plus que jamais, il est nécessaire que les témoins des arrestations et les proches des personnes interpellées prennent contact avec nous le plus rapidement possible grâce à notre ligne téléphonique (07 53 82 19 10).

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