La critique de l’industrie culturelle

La critique de l’industrie culturelle
Adorno et Horkheimer analysent l’industrie culturelle et sa logique marchande qui impose des loisirs standardisés et une uniformisation des modes de vie. 

 

« Ce que nous vendons à Coca Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible », annonce fièrement le patron de TF1 en 2004. Cette déclaration suscite l’indignation du petit milieu culturel. Mais l’homme de télévision ne fait qu’énoncer le triste aboutissement de la logique culturelle.

Theodor Wiensengrund Adorno et Max Horkheimer, deux philosophes marxistes, incarnent l’Ecole de Francfort. Ce courant du marxisme critique se penche sur l’aliénation dans le domaine de la culture. L’industrie du divertissement impose toujours un abrutissement aussi important. Dès 1947, Adorno et Horkheimer, analysent la Kulturindustrie.

 

 

 

Standardisation culturelle

 

« Les films, la radio et les magazines constituent un système. Chaque secteur est uniformisé et tous le sont les uns par rapport aux autres », observent Adorno et Horkheimer. Dans les régimes totalitaires ou démocratiques, la culture impose une standardisation et une uniformisation esthétiques. Les bâtiments administratifs, les centres d’exposition et les différentes édifices architecturaux se ressemblent tous pour imposer un désert urbain. « Sous le poids des monopoles, toute la civilisation de masse est identique et l’ossature de son squelette conceptuel fabriqué par ce modèle commence à paraître », constatent les deux philosophes.

La logique marchande rythme le secteur de l’art et de la culture. Une rationalité technique colonise tous les aspects de la vie quotidienne. Les médias et la culture éradiquent toute forme de créativité originale pour s’adresser à une masse de spectateurs consommateurs. « Pour le moment, la technologie n’a abouti qu’à la standardisation et à la production en série, sacrifiant tout ce qui faisait la différence entre la logique de l’œuvre et celle du système social », analysent Adorno et Horkheimer. L’industrie culturelle favorise la passivité du public qui ne peut plus exprimer ses désirs spontanés. Aucune sensibilité originale ne peut librement se développer.

[Sivens Pacem Para Bellum] Ne rien lâcher en garde à vue, c’est possible !

 

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpg[Sivens] Témoignage de la garde à vue de Monsieur X

Ou comment ne pas donner d’identité en garde à vue et ressortir libre et non accusable.
Un témoignage qui circule par mail et que nous publions ici, non pas pour dicter ce que doit faire une personne en garde à vue mais pour laisser témoignage de ces moments jamais bien sympathique et où il faut bien monter une système de défense.

Vendredi 6 mars 2015.

Une expulsion dans le Tarn.
Je suis mis en garde à vue (GAV) sur les lieux de l’expulsion à 14h20.
L’Officier de Police Judiciaire (OPJ) me demande de décliner mon identité car je n’ai pas de papiers sur moi. Je refuse.
Il me lit mes droits, me propose de voir un médecin. J’accepte.
Me demande le nom de mon avocat, me lit le chef d’accusation : « Participation sans arme à un rassemblement après sommations de dispersion ».

Je refuse de signer la mise en GAV. Ils m’emmènent en voiture à la gendarmerie d’Albi. Durant le trajet les deux OPJ sont très sympathiques, nous discutons. Ils essayent de glaner des infos sur moi et sur le rassemblement au fil de la discussion. Ils insistent légèrement sur mon identité, m’expliquant que ça va rallonger la procédure etc. etc…

Nous arrivons à la gendarmerie. Les deux OPJ m’emmènent dans leur bureau. Ils continuent à insister de plus en plus lourdement sur mon identité. Je ne leur donne rien, je leur explique que c’est politique, que c’est pas contre eux ou pour les faire chier.

LA SUITE SUR LE JURA LIBERTAIRE

PornEmploi

PORNEMPLOI

Avant sa mutation, nous avions pu constater que l’ANPE sortait peu-à-peu de sa chrysalide en envoyant les demandeurs/deuses d’emploi dans des agences d’intérim – au moyen d’affichettes plaquées sur ses murs, principalement, d’abord, dans la banlieue parisienne.

Elle commençait là à montrer ses liens avec l’ultra-libéralisme.

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Avec la fusion ANPE/ASSEDIC, dans la foulée, la donne a changé :

Plus d’ordinateurs, plus de fichiers, plus de réglementation :
Des salariéEs travaillant au rendement ; obéissant à des consignes strictes, dont certaines impliquant de convoquer les « chômeurs/chômeuses » à des rendez-vous improbables, afin de les rayer des listes ; entre autres mesures humiliantes : on voit des éclairagistes de plateau devenir électriciens ; des traducteurs, agents d’assurances, etc…

Les dégâts collatéraux sont nombreux : comme dans d’autres ex-services publics, les employéEs de cette agence gouvernementale souffrent : les dépressions nerveuses, voire suicides, sont nombreux ; comme les humiliations quotidiennes infligées par des petitEs chef/fes presséEs de gravir les échelons pour fouler des moquettes plus épaisses.

Aujourd’hui, sur le site de pôlemploi, catégorie : Art dramatique, on a pu lire :

Recrutement hommes et femmes pour tournage porno (…)
Nous recherchons d’urgence des personnes très sérieuses et indépendantes pour faire d’eux une star porno… Débutants acceptés.

La rémunération n’est pas indiquée.

Devant l’indignation suscitée par cette offre, le Popole a retiré l’annonce. Mais comme nous le savons, les traces sont indélébiles dans les ordinateurs, par exemple. Ou dans la mémoire collective.

« Au moins, Pôle-Emploi n’est pas hypocrite et montre que pour elleux nous ne sommes que de la matière à vendre au capital. »

… La boucle est bouclée ; le papillon a pris son envol, pour … mourir bientôt ?

Dans les flammes de la révolte ?

noscorpsnousappartiennent – 7 mars 2015

Insurrections urbaines à Barcelone

Insurrections urbaines à Barcelone
Une véritable histoire de lutte agite la ville de Barcelone, des résistances urbaines à la révolution de 1936-1937.

 

La révolution libertaire dans l’Espagne de 1936-1937 demeure méconnue. Les anarchistes célèbrent, commémorent, idéalisent et mythifient cet épisode historique. Si de nombreux témoignages et hagiographies circulent dans le milieu libertaire, peu de textes analysent cette insurrection trop méconnue. Chris Ealham propose des textes courts et synthétiques dans le livre Barcelone contre ses habitants. 1835-1937.

L’historien étudie les quartiers populaires de Barcelone et les formes de résistance ouvrière. Ce fin connaisseur de la Guerre d’Espagne de 1936 revient sur son parcours. Il grandit dans un milieu modeste durant les années Thatcher, à partir de 1979. Le gouvernement exprime une violence contre la classe ouvrière. Les syndicats et leurs directions bureaucratiques ne permettent plus d’organiser l’affrontement de classe. Les formes traditionnelles de contestation semblent dépassées. « J’en suis venu à croire que les formes institutionnalisées de contestation n’étaient pas appropriées et que la réponse se trouvait dans la rue », témoigne Chris Ealham.

Mais le mouvement punk permet d’exprimer la révolte de la jeunesse. Cette musique peut même déboucher vers la découverte des idées et des pratiques anarchistes. Les études d’histoire permettent de redécouvrir un courant politique délaissé par les universitaires. Barcelone apparaît comme un puissant foyer contestataire. « J’avais très envi d’étudier les conditions locales qui avaient permis l’émergence d’une culture de l’action directe aussi riche et puissante », explique Chris Ealham.

la suite sur ZONES SUBVERSIVES

LES PRO-BARRAGES DE SIVENS FORMENT DES MILICES, UN MAIRE NOUS RACONTE

Dimanche 1er février au matin, j’étais sur la route en direction de la forêt de Sivens, pour assister aux animations prévues dans le cadre de la Journée mondiale des Zones Humides. En arrivant sur le lieu-dit de Barat, aux alentours de 10h15, j’ai découvert que la route était bloquée par une trentaine d’individus. Ils se sont présentés comme des agriculteurs et chasseurs pro-barrage, originaires de la région.

Je suis agriculteur et maire de la petite commune de Saint-Amancet. Je n’étais a priori pas opposé au barrage, mais j’ai été choqué par la mise en place de la violence qui a conduit à la mort de Rémi Fraisse. Ceci m’a poussé à explorer le sujet plus en détails. C’est là que j’ai réalisé le manque de sérieux du projet et depuis, je continue à suivre la question de près.

LA SUITE SUR STREET PRESS

JESSIE HERNANDEZ, TUÉ PAR LA POLICE

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Another life lost due to police brutality in the states. Her name was Jessie Hernandez. She was 16. Brown. Queer. Loved. She was fatally shot by police in Denver this morning.

“A neighbor captured a video of the female suspect being searched by police after she was shot. In the video, the teen is handcuffed and rolled on her stomach and back on the ground, appearing to be searched. The girl is limp, silent and motionless as officers move her about.”

« une autre vie perdu à cause de brutalités policières aux E.U. Elle s’appelait Jessie Hernandez. Elle avait 16 ans. Elle était noire et queer, elle était aimé. Elle a été abbatu par la police a Denver ce matin.  »

« un voisin a pris une video de la suspecte se faisant fouiller par la police après s’être faite tiré dessus. On la voit menotté, roulé sur le ventre, et le dos au sol en train de se faire fouiller. Elle est inanimé et silencieuse quand les policiers la déplacent. »

LES FLICS TUENT UNE MANIFESTANTE AU CAIRE

Gueule en deuil

 

 

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Cette femme s’appelait Shaimaa El-Sabag. Militante laïque, elle a été tuée par les flics aux ordres des militaires, au Caire, ce samedi, quand ils ont dispersé une manifestation non-autorisée de l’Alliance socialiste populaire. La marche se dirigeait vers la place Tahrir où les manifestants voulaient déposer des roses en hommage aux tué(e)s de la révolte de 2011 qui avait chassé Hosni Moubarak.

Shaimaa est morte dans les bras de son mari ou compagnon, lequel a été arrêté peu après. Il y a eu d’autres blessé(e)s et arrêté(e)s.

Le sinistre de l’Intérieur (ils ont leurs ordures d’État, là-bas, tout comme nous) a naturellement démenti toute implication de ses nervis dans son assassinat. Il a déclaré sans rire que de tels cortèges sont très dangereux parce que des « terroristes » risquent de les infiltrer pour créer du désordre.

 

lu sur LIGNES DE FORCE

PHILIPPE VAL, PATRON DE CHARLIE HEBDO

Philippe Val, patron de Charlie Hebdo
Charlie Hebdo n’incarne plus depuis longtemps la liberté d’expression.Arrivisme et islamophobie fondent la ligne éditoriale de Charlie Hebdo imposée par Philippe Val. 

 

« Je suis Charlie », le mot d’ordre béat est censé incarner la défense de la liberté d’expression depuis le massacre du 7 janvier 2015. Pourtant, la ligne éditoriale deCharlie Hebdo demeure fortement critiquable. Le journal qui incarne l’irrévérence est recréé en 1992 sous la direction de Philippe Val. Ce personnage met en scène l’affaire des « caricatures de Mahomet ». Il se présente comme un fervent héritier de Voltaire. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire » : cette maxime résume la pensée voltairienne revendiquée par le patron du nouveau Charlie Hebdo. Mais Philippe Val ne passe pas pour un amoureux du débat d’idées et de la liberté d’expression. Il utilise au contraire la polémique comme un moyen d’intimidation pour museler ses contradicteurs.

 

Couverture : Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous 

LA SUITE SUR ZONES SUBVERSIVES

Les soucoupes volantes nazies

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Par Melmothia

« C’est formidable : je viens de comprendre que ma grand-mère était une espionne vénusienne… En effet, personne n’a jamais prouvé le contraire. » – Patrick Gross, Le énième retour des soucoupes volantes nazies.

Le mythe des soucoupes volantes nazies est une nébuleuse de théories agglutinant ésotérisme, ufologie et complotisme. « Chaque fois réfutées, chaque fois remises sur le tapis comme si de rien n’était » selon la formule de l’ufologue Patrick Gross, ces thèses, qui ressurgissent régulièrement depuis 50 ans, doivent susciter la plus grande méfiance, d’autant que ses émules sont majoritairement des nostalgiques du National-Socialisme.

 Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des rumeurs ont couru sur une possible survivance du Führer, l’existence d’armes secrètes, l’aide apportée au IIIe Reich par des magiciens ou par des extraterrestres. Si elles viennent majoritairement de partisans du nazisme, ces spéculations sur la présence de ressorts occultes, en marge de l’histoire officielle, ont la capacité de séduire à la fois ses adeptes et ses détracteurs. Les premiers y voient la promesse d’une revanche et l’espoir d’un retour messianique d’Hitler, les seconds y trouvent une explication à l’inexplicable en renvoyant à la charge d’une altérité – magiciens, démons ou visiteurs d’une autre planète – l’horreur et la barbarie nazies.

Nées dans les années 50, ces thèses s’ouvrirent par des spéculations technologiques, avant de s’imprégner de New Age dans les années 70, pour renouer plus récemment avec une interprétation ufologique. Le tout s’est intimement mêlé, au point qu’on peut désormais croiser sur internet des histoires d’illuminés nazis extraterrestres en provenance de galaxies lointaines sans que cela ne choque plus personne – ou presque.

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L’ufologue et illustrateur américain Jim Nichols s’est spécialisé à partir des années 80 dans les œuvres représentant des ovnis. Plusieurs de ses créations développent le thème des soucoupes volantes nazies. Son site internet.

LA SUITE SUR KAOSPHORUS

ACAB DISSERTATION

Tout comme l’information, les humeurs populaires changent très rapidement. Alors que la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014 avait suscité un sentiment diffus de défiance vis-à-vis de la police, les attentats de janvier ont vu des milliers de citoyens applaudir les snipers et CRS qui protégeaient leur manifestation « Je suis Charlie ».

Si la population française n’est certainement pas un tout homogène, il pourrait paraître opportun d’examiner le rôle que les forces de police occupent dans notre imaginaire politique ainsi que dans notre organisation sociale.

C’est afin de nourrir ce débat que nous avons décidé de publier cette dissertation qu’un lecteur de LundiMatin a eu la gentillesse de nous envoyer. Professeur de philosophie dans un lycée général et technique, il avait décidé suite aux manifestations liées à la mort de Rémi Fraisse, d’interroger ses élèves sur le sens du graffiti ACAB (« All Cops Are Bastards », tous les flics sont des batards). Il nous a fait parvenir la copie qui avait à ses yeux suivi au plus près la méthodologie requise : thèse, antithèse, synthèse.

Extraits :

« Peut-on cependant considérer que tous les policiers sont, non pas des enfants illégitimes, mais des individus mauvais et donc méprisables ? Du « CRS =SS » de 1968 à « un bon flic est un flic mort », la détestation de la police semble constante. Mais s’il faut reconnaitre un certain sens de la formule à ce qu’on appelle parfois la rue, il semble peu pertinent d’en rester au niveau de cette rage adolescente et c’est alors le caractère universel d’un tel jugement qu’il faut interroger. Car enfin, que certains policiers soient peu aimables, c’est entendu (comme certains facteurs ou certaines caissières) mais faut-il pour autant le penser de tous les policiers ? Y a-t-il sens à détester la police en son entier ? Et encore, que certains honnissent la police, c’est un fait, mais tous la détestent-il ? Répondre oui dans les deux cas serait méconnaitre la fonction réelle de la police qui est de rendre possible la vie collective en préservant la société des excès de certains d’entre nous, au moyen du droit et de la force si nécessaire. »

 

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